Pourquoi l’École Marie-Labrecque ?

29 mars, 2019

Vous avez vu la nouvelle ?

Danielle Trottier, l’auteure de Emma, La promesse, Cheval-Serpent et, bien sûr, Unité 9, prépare un nouveau téléroman portant sur la maternité adolescente qui commencera dès septembre les mardis à 20 h sur les ondes de Radio-Canada et ayant pour titre « Toute la vie ».

L’intrigue se déroulera dans une école secondaire fictive, mais très proche de la nôtre, en ce sens qu’elle accueille seulement des adolescentes enceintes ou accouchées. Cette école portera le nom d’École Marie-Labrecque.

Nous, les proches de l’école réelle, connaissons tous l’histoire de Rosalie (Cadron) Jetté, mais qui donc est Marie Labrecque?

Anciennement Sœur Sainte-Mecchtilde, Marie Labrecque est la religieuse des Sœurs de Miséricorde qui, vers 1960, a fait la première demande à la CECM de services scolaires pour les adolescentes enceintes du centre Rosalie-Jetté.

Déjà, au sein de sa communauté, Sœur Labrecque fut l’initiatrice d’une réforme importante de la manière dont les mères célibataires étaient perçues et traitées. Elle est également à l’origine de la modernisation des services qui leur étaient offerts par la congrégation.

Marie Labrecque fut la première étudiante religieuse à fréquenter l’École de service social de l’Université de Montréal et a complété sa formation « aux États-Unis où elle a été inspirée par les méthodes qu’elle avait observées dans les maternités et foyers pour mères célibataires. » (1)

C’est le 3 novembre 1960 qu’une première enseignante, Mme Florida Demers-Lalande, est affectée à cette clientèle de jeunes mamans. En 1961, Mme Rollande Gobeil se joint à elle puis, en 1962, Mme Pierrette Girard-Frare qui deviendra plus tard la première directrice de l’école. L’équipe enseignante augmente peu à peu et c’est le 27 novembre 1974, il y a eu 44 ans l’automne dernier, qu’on fête l’ouverture officielle de l’école dans nos locaux actuels de la rue Bossuet. 80 élèves y sont alors inscrites, provenant du centre Rosalie-Jetté mais aussi des externes. À elles se sont joints 10 membres du personnel enseignant.

Mais revenons à Marie Labrecque ! Ayant quitté la vie religieuse au cours des années 1970, Andrée Fafard, une amie de l’école qui l’a connue, nous informe qu’« elle est toujours vivante et se dirige doucement vers son centenaire ».

C’est donc grâce à Marie Labrecque que notre école a pu exister telle que nous la connaissons aujourd’hui. C’est un bel hommage bien mérité que lui rend Danielle Trottier en donnant son nom à son école fictive, la faisant ainsi connaître au grand public.

De nous tous et toutes, Mme Marie, un merci très affectueux !

Notes et références :

1. Voir BRUNET, Marie-Hélène, L’œuvre des premières travailleuses sociales à la Miséricorde de Montréal, 1945-1970, Revue d’histoire de l’Amérique française, Volume 65, Numéro 1, Été, 2011, p. 53

Bibliographie :

PILON, Édouard ptre, L’école Rosalie-Jetté (1960-1985) : 25 années de services scolaires aux adolescentes enceintes », fascicule de la série « Les réalisations de la C.É.C.M. », Montréal, 1985

BRUNET, Marie-Hélène, L’œuvre des premières travailleuses sociales à la Miséricorde de Montréal, 1945-1970, Revue d’histoire de l’Amérique française, Volume 65, Numéro 1, Été, 2011, p. 29-58